1. Effacer
  2. Géolocalisation Effacer
Le Mag

Qu’en est-il de la vaccination aujourd’hui en France ?

Les vaccins sont-ils dangereux au point de préférer exposer les enfants au risque potentiel de contracter une maladie grave ? Les français doutent et se posent des questions face à la vaccination. Etat des lieux de ce qui est obligatoire et des risques encourus.

Refuser le vaccin, une attitude de pays riche ?

C’est un marronnier et sans doute une réflexion de pays privilégié. Alors que l’UNICEF déploie sans cesse des campagnes pour la distribution massive de vaccins aux enfants qui meurent de ne pas en avoir, des parents français s’interrogent sur le bien fondé de cette mesure de prévention.

Quand Pasteur a mis au point le principe né avec Jenner, la vaccination s’est imposée comme un formidable moyen de faire reculer la mortalité dans nos contrées. Du XIXème au début du XXIème siècle, cette mesure sanitaire a permis de faire disparaître de vilaines maladies dans certaines zones géographiques. Ainsi, l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) a-t-elle annoncé l’éradication mondiale de la variole en 1976 et elle prévoit qu’il en sera de même avec la poliomyélite d’ici peu, la rougeole pourrait quant à elle être éliminée en région européenne à l’orée 2015. Tout cela, grâce à la vaccination.

Et pourtant. Une famille a comparu devant le tribunal d’Auxerre pour avoir refusé de faire vacciner ses deux enfants âgés de 15 mois et 3 ans. Pour justifier leur refus, les parents ont invoqué la présence de mercure et d’aluminium dans les adjuvants des vaccins, des produits dangereux. Ils ont également mis en avant les études qui prouveraient que les vaccins sont plus dangereux que bénéfiques pour les enfants. Ajoutez à cela l’auréole de suspicion qui plane autour des laboratoires pharmaceutiques accusés de faire passer leurs intérêts financiers avant la santé des personnes (nous en connaissons tous au moins un exemple), l’infobésité du web, et vous avez une famille qui doute de la vaccination au point de la refuser.

Ce refus pose question. Qu’en est-il donc de la vaccination en France et que risque cette famille qui la refuse pour ses enfants ?

Un rapport entre bénéfices et inconvénients ou risques

Tous les médicaments, vaccins y compris, ont des effets secondaires. Un médicament est un équilibre entre bénéfices et inconvénients que l’on accepte ou pas, le bénéfice pour la santé devant l’emporter sur les inconvénients afin de soulager, guérir ou prévenir. Dans le cas de la vaccination de ses enfants, la famille Larrère a estimé que les inconvénients l’emportaient sur l’éventuel bénéfice pour ses enfants.

Ce n’est pas sans conséquence pour cette famille. En France, certains vaccins sont obligatoires (diphtérie, tétanos et poliomyélite), d’autres sont conseillés. Pour avoir refusé la vaccination, la famille risque des sanctions pénales (2 ans de prison et 30 000 euros d’amende) et les parents vont certainement rencontrer de nombreux problèmes avec les lieux d’accueil des petits. Les écoles, crèches et centres de loisirs sont autant de structures qui réclament des certificats de vaccination pour accueillir les plus jeunes.

S’il souhaite un « renouveau de la politique vaccinale qui doit devenir beaucoup plus volontariste« , le Haut Conseil de la santé publique (HSCP) voudrait néanmoins que le débat soit ouvert sur la vaccination en général et sur le principe d’obligation en particulier. La distinction entre obligatoire et conseillé sème le trouble dans les esprits et le fait divers d’Auxerre montre qu’il est nécessaire de faire le point sur la vaccination pour donner une information claire et impartiale aux familles afin de lever les doutes.

Pour information : il existe des réservoirs d’endémie de la poliomyélite dans le monde et un seul cas importé peut déclencher une épidémie. On a encore répertorié des cas de tétanos en France récemment, idem pour la diphtérie qui donne lieu à des épidémies régulières dans les pays d’Europe de l’Est, plus près de la France que les pays africains décimés par le virus Ebola qui lui, n’a pas encore de vaccin.